Bonjour,
Face à la peur que suscitent les frelons, de nombreuses personnes installent des pièges artisanaux, souvent fabriqués à partir de bouteilles contenant un liquide sucré destiné à attirer les insectes. Pourtant, ces dispositifs, en particulier contre le Frelon européen, sont loin d’être adaptés et peuvent même provoquer des dégâts importants sur la biodiversité.
Cette année, votre syndicat apicole a initié la lutte contre le frelon asiatique dans la Vallée. Nous avons recruté et formé une centaine de piégeurs que constitue le FUN (frelon unité nature ) afin d’opérer sur le territoire de façon coordonnée et raisonnée, ceci dans l’idée de respecter les bonnes pratiques et éviter que la lutte contre le frelon asiatique soit contre-productive. Ce serait un comble de faire plus de dégâts que le frelon asiatique lui-même à cause de nos pratiques !
Des pièges qui ne font pas la différence :
Le principal problème de ces pièges dits « faits maison » est leur manque total de sélectivité. Attirés par les appâts sucrés ou fermentés, de nombreux insectes viennent s’y noyer : papillons, abeilles, guêpes non nuisibles, mouches pollinisatrices… autant d’espèces essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes.


En voulant cibler un insecte précis, on détruit en réalité une grande diversité d’auxiliaires indispensables.
Un impact écologique préoccupant.
Ces captures massives d’insectes utiles perturbent les chaînes alimentaires et affaiblissent les populations déjà fragilisées. Les pollinisateurs, en particulier, subissent de plein fouet ces pratiques, alors même qu’ils sont cruciaux pour la reproduction des plantes et la production agricole.
De plus, le Frelon asiatique, souvent visé par ces pièges, n’est pas toujours capturé en proportion significative par rapport aux autres espèces. Le résultat est donc contre-productif : beaucoup de victimes inutiles, pour une efficacité limitée.
Une méthode inefficace sur le long terme
Même en capturant quelques frelons, ces pièges n’ont qu’un impact très faible sur les colonies. Une seule reine peut engendrer des centaines d’individus, rendant ces captures anecdotiques face à la capacité de reproduction de l’espèce.
Privilégier des solutions responsables
Pour limiter les risques, il est préférable d’éviter les pièges non sélectifs et de se tourner vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement :
Faire appel à des professionnels pour la gestion des nids, adressez-vous en premier lieu à votre référent de secteur, document en pièce jointe.
Installer des dispositifs sélectifs validés scientifiquement.
Favoriser la prévention et l’observation plutôt que la destruction systématique.
Conclusion
Les pièges à frelons faits maison, notamment ceux reposant sur la noyade, sont une réponse inadaptée à un problème souvent mal compris. En détruisant indistinctement de nombreux insectes utiles, ils participent à l’érosion de la biodiversité. Mieux informés, nous pouvons adopter des pratiques plus équilibrées, respectueuses de la nature et réellement efficaces.
En tant que responsable et représentante du Syndicat des apiculteurs de la Vallée de Villé, je m’engage dans la lutte contre le frelon asiatique auprès de vous et des citoyens mais je ne peux cautionner des pratiques aléatoires et non réfléchies. J’espère pouvoir compter sur les apiculteurs que nous sommes pour repenser certaines approches et privilégier des actions responsables.
Je vous rappelle également que le syndicat a passé plusieurs commandes groupées pour des pièges sélectifs et anti-noyade pour bénéficier d’un tarif attractif. Ces pièges sont revendus au prix d’achat. Il s’agit du Good 4bee à 15,30 euros. Vous pouvez faire sa connaissance ici 😁 GOOD4BEES | Piège sélectif pour capturer les Vespa velutina
Je reste à votre disposition pour d’éventuels échanges et partages d’opinions.
Je vous souhaite une belle journée !
Estelle Ferrari
Raphaël Dontenville, coordinateur du FUN

